Editorial
Editorial du Président PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 01 Septembre 2017 11:32

Interview du Président Jean-Luc ALISON

Les nuisances aériennes, une fatalité ?

 

Vous représentez l’ACNAB. Pouvez-vous m’en dire quelques mots ?

L’ACNAB est une association luttant contre les nuisances aériennes : le bruit, comme la pollution,  liés au transport aérien.

Elle est composée de gens qui ne sont pas des farfelus ou des idéologistes sans sens pragmatique, mais au contraire de personnes qui travaillent dans le secteur de l’aéronautique, de l’acoustique ou de la chimie, de formation à dominante ingénieur, et de chefs d’entreprise.  

L’association n’est pas contre les avions, mais milite pour un développement concerté du trafic aérien avec ses différents acteurs.

Quels sont ces acteurs ?

Citons tout d’abord la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) qui dépend du ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement. C’est à la fois une autorité réglementaire et un partenaire des acteurs  aéronautiques. Elle place le respect de l’environnement comme étant une de ses priorités, -au moins sur le papier- tout comme le dialogue avec les élus et les associations…

Il y a bien sûr les compagnies aériennes, et les aéroports. Dont ADP (Aéroport de Paris), pour Orly et Roissy notamment dans la région parisienne. ADP est un établissement public, donc majoritairement détenu par l’état. A noter qu’un projet de loi datant du 1er Novembre 2016 (donc tout récent) vise à transformer ADP en société anonyme pour financer son développement. Le but est « d’optimiser économiquement les plateformes aéroportuaires » et qu’ « ADP rejoigne  le droit commun des sociétés commerciales ».

Citons aussi l’ACNUSA (Autorité de Contrôle des Nuisances Aériennes), qui  est chargée de contrôler les dispositifs de lutte contre les nuisances générées par le transport aérien. Elle émet des recommandations et a un pouvoir de sanction à l’encontre des compagnies aériennes. Ses membres, au nombre de 10, sont nommés par l’état ou ses représentants.

Les préfets, de région ou de département, jouent également un rôle dans le cadre réglementaire.

Enfin les élus et les associations, qui représentent les riverains des aéroports.

Il y a donc 3 grands groupes, celui de l’état et affiliés (DGAC, ADP, ACNUSA, Préfets..), les compagnies aériennes et les riverains, qui s’expriment par le biais des élus et des associations.

Les rapports de force entre ces acteurs sont essentiellement économiques et sociaux, avec un chantage à l’emploi permanent sur ADP et les compagnies aériennes. Et politique bien sûr..  

 

Quel est la spécificité d’Orly, qui concerne essentiellement le sud francilien ?

 

Contrairement à Roissy qui fonctionne 24 heures sur 24, les vols sur Orly sont interdits de 23 heures à 6 heures du matin.

De plus, la capacité d’Orly est limitée à 250.000 créneaux annuels par un décret ministériel datant de 1994.

Les créneaux n’étant tous utilisés, cela représente entre 210 et 230.000 mouvements par an, soit une moyenne de 600 vols par jour.

Or une étude faite par la DGAC montre que la capacité d’Orly est en réalité de 450.000 mouvements, soit près du double de celle qui est fixée par décret.

Il existe actuellement une mobilisation chez certains acteurs visant à déplafonner Orly, et augmenter ainsi le trafic de manière considérable.

Ces acteurs raisonnent en « quota de bruit » pour forcer le déplafonnement d’Orly.  

 

Pourtant les avions font moins de bruit ?   

 

Il est vrai que les progrès dans le domaine du bruit émis par les avions ont été importants par le passé.

Les sources de bruit lié aux avions viennent de plusieurs origines, en particulier ceux issus du moteur –combustion, bruit de jet-, le bruit aérodynamique -lié à la vitesse-, bruit d’écoulement en phase d’atterrissage, autour des trains ou des volets...

On arrive aujourd’hui à des limites physiques en terme de gains, qui ne comptent plus du tout en décibel, mais en dixième de décibel par année.

Parallèlement à ceci, la sensibilité au bruit a évolué depuis 1994, tout comme la législation, et le seuil de tolérance au bruit de la population diminue.

Les progrès ont été considérables dans le domaine de l’habitation et de l’automobile en termes d’insonorisation, qui prennent en compte ce seuil de tolérance qui diminue.

Le déplafonnement d’Orly reviendrait au contraire à doubler le bruit émis en capacité nominale, ce qui annihilerait tous les progrès réalisés dans le domaine acoustique !

De plus les nuisances visuelles d’un ciel chargé de 2 fois plus d’avions sont considérables.

C’est pourquoi nous sommes contre ce déplafonnement.

 

Certains jours les avions en phase d’atterrissage semblent voler plus bas que d’autres jours. Pourquoi ?

 

Cela peut dépendre des contrôleurs aériens en poste.. Les pilotes d’avion doivent cependant respecter des procédures très strictes.

Cependant, 50 % des vols ne respectent pas les procédures en vigueur ! En particulier pour les altitudes de survols, qui sont beaucoup trop souvent trop basses.   

Rappelons que depuis 2012, une modification des couloirs aériens qui concerne le sud francilien est applicable pour les avions en provenance du sud-est et en configuration de vent d’est.

Elle avait pour but de déplacer les points d’interception (appelés ILS) d’une altitude de 900 m à 1200 m, puis 1500 m, avant la descente continue finale vers l’aéroport.

Cela revient à relever les paliers avant l’approche finale pour l’atterrissage, et donc que les avions volent théoriquement plus hauts, au-delà d’une certaine distance de l’aéroport    

Selon la DGAC, qui avait rédigé le texte de l’enquête publique avant cette modification des couloirs aériens, les gains en termes de bruit étaient importants. De l’ordre de 3 dB suite à un relèvement 300 m des points d’interception ILS.

Sauf que la DGAC s’est bien privée de dire que les descentes continues ne sont pas applicables en permanence.

De plus le  relèvement des points d’interception a provoqué le déplacement des couloirs aériens, et Rochefort, tout comme Saint Arnoult, est aujourd’hui survolé par 2 fois plus d’avions qu’avant cette modification.

Il était difficile pour une personne non qualifiée de comprendre les textes rédigés par la DGAC dans l’enquête publique Elle les a volontairement présentée de manière trompeuse et non objective.

La DGAC a basé son raisonnement sur des situations qui ne correspondent pas à la réalité, et les gains annoncés étaient tout simplement impossibles à atteindre. Ce qui a d’ailleurs été montré récemment suite à des campagnes de mesure.  

L’ACNAB avait à  l’époque rencontré la DGAC pour contester les gains annoncés. La DGAC avait fini par reconnaitre que nous avions raison, mais qu’elle « obéissait à son ministère de tutelle.. »

La suite de l’enquête publique en 2011 et la procédure de modification des couloirs aériens a été truffée d’anomalies (commission d’enquête qui s’est déclarée incompétente, absence d’étude d’impact,  vote en commission sur la base de documents erronés, arrêtés ministériels avec des erreurs..). Nous avons analysé de manière extrêmement  détaillée les documents officiels et mis en évidence ces vices de procédure.

La transparence revendiquée par les autorités n’a été qu’une façade. Les décisions étaient déjà prises bien avant l’enquête publique...

Il est dommage que la DGAC ait pris les riverains pour des idiots pendant l’enquête publique, alors qu’une communication plus pédagogue aurait été plus adroite.

Elle a perdu ainsi toute crédibilité.

On ne peut  qu’être extrêmement méfiant à toute annonce visant à modifier la circulation aérienne sur les aéroports

 

Quel est donc le rôle de l’ACNAB dans ce contexte ?

 

Tout d’abord celui de garde-fou.

Faire respecter les procédures en vigueur.

Veiller au non déplafonnement d’Orly.

Promouvoir toute solution de moindre nuisance, et participer de manière constructive avec les acteurs à la recherche de ces solutions et à leur mise en application.

Sensibiliser les élus et la population, communiquer et privilégier la pédagogie.                   

Animer des réunions publiques d’information et d’échanges.   

Donc les nuisances aériennes ne sont pas une fatalité ? 

Heureusement, non. Nous avons récemment pu obtenir l’installation sur la commune de St Arnoult, d’un appareil de mesure de bruit émis par les avions.

Il permettra en particulier d’identifier les avions volant trop bas, et de faire appliquer des sanctions financières aux compagnies qui ne respectent pas les altitudes de survols.     

 

Jean Luc Alison

Président de l’ACNAB

 

 Rappel des objectifs de l'ACNAB


1.Veiller au respect des procédures d’atterrissage mises en place lors du déplacement des trajectoires sur Orly pour les avions en provenance du Sud Est et du Sud-Ouest par vent d’Est, et notamment le respect des altitudes de survol  et la généralisation des descentes continue

2.Veiller au respect du plafonnement du nombre de mouvements et de créneaux en vigueur sur la plateforme d’Orly et la non remise en cause de l’arrêté en vigueu

3.Promouvoir toutes solutions, qu’elles soient d’ordre technique ou logistique permettant de réduire les nuisances sonores et chimiques dues aux avions

4.Participation active  aux évolutions de la législation en ce qui concerne l’acoustique dans le domaine des plateformes aéroportuaires, et prise en compte de nouveaux critères sociaux, en relation avec l’ACNUSA. Prise en compte de la baisse du seuil de tolérance de la population exposée.

5.Promouvoir une répression financière réelle et accrue en ce qui concerne les infractions des compagnies aériennes avec des amendes dissuasives effectivement collectées. Intégration de la notion de perte de valorisation avérée du patrimoine immobilier en relation avec l’exposition au bruit des avions.

6.Participation active et mutualisation des informations et des actions avec les collectivités territoriales et les autres associations.

7.Promouvoir l’intégration des communes nouvellement survolées et éloignées de l’aéroport d’Orly dans les

8.Actions auprès des élus. Actions de communication.

9.Actions de vigilance notamment vis-à-vis de la DGAC et d’ADP. Refuser la prise en compte de quotas de bruit en vue d’augmenter le trafic aérien.

10.Promouvoir les études d’impact en cas de modification du trafic aérien, à réaliser par une structure indépendante et pas par la DGAC               

 
La Convergence Associative tacle les méfaits du trafic aérien PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 03 Décembre 2015 17:09

Dans le « dossier noir du transport aérien », la Convergence Associative, collectif de 174 associations franciliennes, dénonce les contre-vérités véhiculées par les acteurs du transport aérien. La COP21 s'ouvre à Paris sur la plus grande plate-forme aéroportuaire d'affaire en Europe. Mais paradoxalement, le silence est assourdissant sur la contribution du secteur aérien en termes de gaz à effet de serre et sur les mesures urgentes à prendre face au développement annoncé de ce mode de déplacement au niveau mondial .../...

Il est urgent d'agir, faute de quoi le transport aérien pourrait bien devenir le plus gros contributeur en termes de gaz à effet de serre à l'horizon 2050, mettant en échec l'objectif facteur 4.

En pièce jointe:

 

Contact:
Patric Kruissel: 06 08 04 28 25
Luc Offenstein: 06 82 10 32 04

 
ACNAB Rassemblement du 10/11/2015 PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 08 Octobre 2015 16:51

L'ACNAB participera au RASSEMBLEMENT FRANCILIEN ELUS-RIVERAINS organisé par la convergence associative qui se tiendra le:

 

MARDI 10 NOVEMBRE 2015, A 18 HEURES

MINISTERE DE L'ECOLOGIE

246, BOULEVARD SAINT-GERMAIN – 75007 PARIS

 

Cette mobilisation concerne les territoires de Paris-CDG, Paris-Le Bourget et Paris-Orly autour d'un mot d'ordre unitaire : l'arrêt de l'augmentation du nombre de vols et la réduction substantielle des nuisances aériennes en Ile-de-France.

Elle doit répondre à un double objectif : marquer la mobilisation citoyenne et faire entendre notre position auprès du cabinet de la Ministre de l'Ecologie. Un point presse se tiendra au sortir de cette audition.

Bien entendu les adhérents de l'ACNAB sont vivement encouragés à participer à cette manifestation. Je serais heureux de vous rencontrer à cette occasion.

Didier Large
Président de l'ACNAB 
Tel: 01 30 41 37 45
Mobile: 06 85 88 21 62

 
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